Vous passez peut-être devant sans le remarquer. Pourtant, depuis près de trois siècles, une petite boutique de Paris propose l’un des desserts les plus aimés de France. Ce dessert, c’est le baba au rhum, et son histoire commence avec un pâtissier alsacien devenu célèbre à la cour.
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Qui était Nicolas Stohrer ?
Nicolas Stohrer naît en 1706 en Alsace. Il fait ses premiers pas comme pâtissier à Wissembourg. Là, il travaille pour le roi Stanislas Leszczyński de Pologne. Son talent attire l’attention et l’emmène jusqu’à la cour française.
En 1725, Marie Leszczyńska, fille de Stanislas, épouse le roi Louis XV. Stohrer suit la nouvelle reine à Versailles. Il devient rapidement un nom connu parmi les gourmands du royaume. Plus tard, il quitte la cour pour ouvrir sa propre boutique à Paris.
Comment est né le baba au rhum ?
L’origine du dessert est presque une petite aventure. Dans les cuisines de Stanislas, Stohrer travaille sur une brioche polonaise très sèche. Il la rend plus moelleuse en l’arrosant. D’abord, il utilise du vin de Malaga. Il parfume aussi la pâte avec du safran. Il ajoute une crème pâtissière et des raisins frais et secs. Le roi apprécie tellement la création qu’il lui donne un nom : « l’Ali-baba ».
Plus tard, les échanges avec les Antilles apportent en Europe un nouvel ingrédient. Le rhum devient disponible et populaire. Stohrer substitue le vin de Malaga par le rhum des îles. Le « baba » se transforme alors en baba au rhum. La recette traverse les siècles et devient un classique.
La boutique historique dans le centre de Paris
En 1730, Nicolas Stohrer ouvre une boutique au 51, rue Montorgueil dans le 2e arrondissement. Le quartier est animé et réputé pour ses commerces alimentaires. La boutique existe toujours. Elle continue de vendre le baba au rhum depuis près de 300 ans.
L’intérieur a reçu des décors remarquables. Le peintre Paul Baudry a laissé sa marque. On lui doit des plafonds célèbres, comme ceux de l’hôtel de la Païva et du foyer de l’Opéra Garnier. La pâtisserie Stohrer est répertoriée aux monuments historiques. Vous pouvez encore y goûter une part d’histoire.
Envie d’essayer chez vous ? Une recette simple du baba au rhum (pour 6 personnes)
- Ingrédients pour la pâte : 250 g de farine, 10 g de levure de boulanger sèche (ou 20 g de levure fraîche), 3 œufs, 60 g de sucre, 80 g de beurre mou, 120 ml de lait tiède, 1 pincée de sel, 1 zeste de citron.
- Ingrédients pour le sirop : 500 ml d’eau, 200 g de sucre, 200 ml de rhum brun (ajustez selon votre goût), le zeste d’un citron, 1 gousse de vanille fendue.
- Pour servir : 200 ml de crème liquide entière très froide, 20 g de sucre glace, fruits rouges ou zestes pour la décoration.
Préparation de la pâte. Délayez la levure dans le lait tiède. Mélangez la farine, le sucre et le sel. Ajoutez les œufs et le mélange lait-levure. Pétrissez jusqu’à obtenir une pâte lisse. Incorporez le beurre en morceaux. Laissez lever 1 heure à température ambiante ou jusqu’à ce que la pâte double de volume.
Cuisson. Beurrez des moules à savarin ou un grand moule. Remplissez aux deux tiers. Faites cuire à 180 °C pendant 20 à 30 minutes selon la taille. Les babas doivent être dorés. Laissez refroidir légèrement.
Le sirop. Portez l’eau et le sucre à ébullition. Ajoutez la gousse de vanille et le zeste de citron. Laissez infuser 10 minutes hors du feu. Versez le rhum. Trempez les babas encore tièdes dans le sirop. Laissez-les bien s’imbiber quelques minutes.
Finition. Fouettez la crème liquide avec le sucre glace pour obtenir une chantilly ferme. Servez chaque baba nappé de chantilly. Ajoutez quelques fruits ou zestes. Dégustez aussitôt.
Pourquoi ce dessert fascine toujours ?
Le baba au rhum combine simplicité et exotisme. La brioche moelleuse absorbe un sirop parfumé. Le rhum apporte une chaleur qui surprend. C’est un dessert qui raconte un voyage. Il parle d’échanges entre l’Europe et les îles. Et il porte le nom d’un pâtissier qui a su inventer pour une cour royale et pour la ville.
Si vous passez par Paris, poussez la porte du 51, rue Montorgueil. Vous goûterez plus qu’un gâteau. Vous toucherez une partie de l’histoire culinaire française.


